À retenir
- La GPAO organise la fabrication : quoi produire, avec quelles matières, sur quelles ressources et pour quand.
- Elle descend du MRP et du MRP II, et vit aujourd’hui le plus souvent comme un module d’ERP.
- Intégrée à l’ERP, elle partage articles, commandes et stocks au lieu de les recopier.
La GPAO, gestion de production assistée par ordinateur, est le logiciel qui organise la fabrication : ce qu’il faut produire, avec quelles matières, sur quelles ressources et pour quand. Aujourd’hui, elle est le plus souvent un module d’un ERP industriel plutôt qu’un logiciel isolé.
Ce guide définit la GPAO et ses fonctions. Pour la comparer à l’ERP et au MES avant de choisir, voyez ERP, GPAO, MES : quelles différences ; pour les échanges de données entre la gestion et l’atelier, lisez ERP et MES : différences et complémentarité.
Que signifie GPAO ?
GPAO signifie gestion de production assistée par ordinateur. Le terme désigne les logiciels qui décrivent les produits, calculent les besoins en matières et en capacité, lancent les ordres de fabrication et suivent leur avancement. Dans les pays anglophones, on parle plutôt de MRP, de MRP II ou de module de production d’un ERP.
Le mot est surtout employé en France. Il recouvre des réalités variées : certains éditeurs appellent GPAO un logiciel limité à la production, d’autres un ERP complet orienté industrie. Avant de comparer des offres, mieux vaut regarder le périmètre réel que l’étiquette. Les sigles voisins sont définis dans notre glossaire.
À quoi sert un logiciel de GPAO dans une PME industrielle ?
Dans une PME industrielle, un logiciel de GPAO sert à passer d’une commande client à des ordres de fabrication réalistes : bonne matière, bonne gamme, bonne date. Il remplace les plannings tenus à la main et les fichiers dispersés par une source unique, partagée par les méthodes, l’ordonnancement, les achats et l’atelier.
Il répond chaque jour à trois questions :
- Quoi fabriquer ? À partir des commandes et des prévisions, la GPAO établit ce qui doit sortir de l’atelier et à quelle date.
- Avec quoi ? Elle déduit de la nomenclature les matières et composants nécessaires, retranche le stock disponible et signale ce qu’il faut acheter.
- Quand et où ? Elle confronte les gammes à la capacité des machines et des équipes pour savoir si la date promise est tenable.
Le bénéfice se voit dans la relation client : un délai annoncé repose sur la charge réelle de l’atelier, et non sur la mémoire du responsable de production.
Quelles sont les fonctions d’une GPAO ?
Les fonctions d’une GPAO se regroupent en quatre familles : les données techniques (articles, nomenclatures, gammes), la planification (programme de production, calcul des besoins, charge et capacité), le lancement des ordres de fabrication, et le suivi de la fabrication jusqu’au calcul des coûts réels.
| Famille | Fonctions principales | Question traitée |
|---|---|---|
| Données techniques | Articles, nomenclatures, gammes, postes de charge, révisions | De quoi est fait le produit et comment le fabriquer ? |
| Planification | Programme directeur de production, calcul des besoins nets, plan de charge, capacité | Quoi produire et acheter, et pour quand ? |
| Lancement | Ordres de fabrication, réservation des matières, dossier de fabrication | Qui fait quoi, avec quels documents ? |
| Suivi et coûts | Avancement, temps, quantités, rebuts, coût de revient | Où en est l’OF et combien a coûté la commande ? |
Les données techniques sont la fondation. Une nomenclature fausse ou une gamme aux temps irréalistes faussent tout le reste. La planification s’appuie ensuite sur le calcul des besoins et sur l’ordonnancement des postes. Le suivi, enfin, boucle la démarche : les temps réels corrigent les temps prévus et rendent les devis suivants plus justes.
Du MRP au MRP II : d’où vient la GPAO
La GPAO descend du MRP, le calcul des besoins en matières apparu dans l’industrie dans les années 1960 et 1970. Le MRP II, dans les années 1980, y a ajouté la capacité des ateliers, le programme directeur et les coûts. L’ERP a ensuite étendu cette logique à toute l’entreprise, des ventes à la comptabilité.
Le premier MRP répondait à une seule question : à partir de la demande et des nomenclatures, quelle quantité de chaque composant prévoir, et pour quand ? Il raisonnait à capacité infinie : il calculait des besoins sans vérifier que l’atelier pouvait les absorber.
Le MRP II a intégré la capacité des ressources, d’où son nom de planification des ressources de production. Il a aussi relié la production aux coûts. Dans les années 1990, l’ERP a réuni ventes, achats, stocks et finance dans le même système. Le MES, lui, s’est développé pour suivre l’exécution au plus près de l’atelier.
GPAO seule ou GPAO intégrée à un ERP ?
Une GPAO seule couvre la production mais laisse ventes, achats, stocks et comptabilité dans d’autres logiciels, reliés par des interfaces ou par ressaisie. Une GPAO intégrée à un ERP partage les mêmes articles, commandes et stocks : un besoin calculé devient directement une demande d’achat ou un ordre de fabrication.
Une GPAO seule peut convenir à un atelier qui dispose déjà d’une gestion commerciale satisfaisante et dont les commandes changent peu. Elle oblige cependant à faire vivre deux fichiers articles, à reporter chaque commande et à rapprocher les stocks.
Intégrée à l’ERP, la GPAO profite du reste du système : le devis s’appuie sur les gammes, la commande génère l’OF, la réception fournisseur alimente le stock réservé, et le coût réel de l’OF remonte vers la marge de la commande. Le choix entre ces options, avec le MES, est traité dans notre comparatif décisionnel.
Quels signes montrent qu’un atelier a besoin d’une GPAO ?
Un atelier a besoin d’une GPAO quand les délais annoncés reposent sur l’intuition, que les ruptures de matière bloquent des OF, que personne ne connaît la charge des machines pour la semaine suivante, ou que le coût réel d’une commande n’est connu qu’après coup, voire jamais.
D’autres signes sont plus discrets :
- le planning dépend d’une seule personne, et son absence désorganise l’atelier ;
- les achats partent en urgence parce que le besoin a été vu trop tard ;
- plusieurs versions d’une gamme ou d’un plan circulent dans l’atelier ;
- les besoins des commandes répétitives sont recalculés à la main ;
- les tableurs se multiplient et ne disent plus la même chose.
Ce dernier cas est fréquent dans les ateliers qui ont grandi avec un tableur : notre article gestion de production sur Excel détaille comment en sortir.
Ce que fait Transfact
Dans Transfact, la GPAO n’est pas un logiciel à part : elle forme avec le MES le module de production, dans la même base que les ventes, les achats et les stocks. Nomenclatures, gammes, planification des capacités et coûts de fabrication partagent les mêmes articles, et le calcul des besoins des articles achetés se fait dans les achats.
Les données de base sont gérées avec leurs révisions : nomenclatures, gammes, plans de CAO, plans de mesure, listes de contrôle, outils et équipements par étape. L’atelier est décrit par zones, ressources, machines, plans d’équipe et taux horaires, ce qui sert à la fois à la planification et au calcul des coûts. Les opérations confiées à un sous traitant s’ajoutent dans les gammes et les OF comme des étapes, avec leurs temps.
Pour la liste complète des fonctions, consultez les modules de Transfact et le module de production.